
Le 6 juin 2012, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Liu Weimin a tenu une conférence de presse.
Liu Weimin : Sur l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, le Ministre libyen des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Achour Ben Khayyal effectuera du 9 au 13 juin une visite en Chine.
Durant sa visite, il sera reçu par le Vice-Président Xi Jinping et s'entretiendra avec le Ministre Yang. Les deux parties échangeront des vues sur les relations bilatérales et les questions internationales et régionales d'intérêt commun. Outre Beijing, le Ministre Achour Ben Khayyal se rendra aussi à Shanghai. Nous espérons que cette visite permettra de renforcer la connaissance et la confiance mutuelles entre les deux pays et de faire avancer régulièrement la coopération amicale sino-libyenne.
Q : Selon des reportages, le retrait simultané par la Chine et les Philippines de leurs navires administratifs de la lagune de l'île Huangyan serait une action résultant d'un accord entre les deux parties. Pourriez-vous le confirmer ? Et quel est votre commentaire là-dessus ?
R : L'île Huangyan est incontestablement une composante du territoire chinois. Après le déclenchement de l'incident suite au harcèlement de pêcheurs chinois par un navire de guerre philippin le 10 avril, la Chine a, d'un côté, fait des représentations solennelles auprès de la partie philippine, de l'autre, envoyé des navires administratifs sur place pour surveiller la situation. Depuis, la plupart des navires philippins ont été retirés, sauf un qui reste dans la lagune. Nous qui nous en tenons à trouver une solution diplomatique au problème avons poursuivi nos nombreuses démarches auprès de la partie philippine, et ce navire a enfin quitté la zone le 3 juin. Nous espérons que de telles provocations au détriment des droits et intérêts de la Chine ne se reproduiront plus.
L'écosystème dans la lagune de l'île Huangyan étant très fragile, la Chine autorise rarement les opérations des grands navires dans cette zone. Mais, en fonction des besoins réels, nous y avons envoyé le 30 mai deux navires administratifs, qui ont procédé à un réexamen du site après le départ des navires philippins et qui ont quitté la lagune le 5 juin après avoir accompli leurs missions. Actuellement, les activités de production normales menées par les bateaux de pêche chinois dans la lagune sont à l'abri de toute perturbation, les navires administratifs chinois poursuivent dans les eaux au large de l'île leurs missions de gestion et de service et nous continuons à mener des échanges avec les Philippines sur la manière de régler adéquatement les choses et d'améliorer les relations bilatérales.

Q : Un dirigeant chinois a affirmé aujourd'hui que la Chine entendait jouer un rôle plus important dans la reconstruction de l'Afghanistan. Qu'est-ce qu'il entend par là ? Est-ce que cela signifie une participation chinoise à la formation de l'armée afghane après le retrait des troupes de l'OTAN en 2014 ? Deuxième question, quelles sont vos préoccupations vis-à-vis de la situation sécuritaire en Afghanistan après le départ des forces de l'OTAN ?
R : Sur la première question, la Chine, voisin ami de l'Afghanistan et membre responsable de la communauté internationale, a toujours soutenu énergiquement le processus de paix et de reconstruction en Afghanistan et y a pris une part active. Nous continuerons à appuyer fermement les efforts déployés par le pays pour défendre sa souveraineté d'Etat, l'indépendance nationale et l'intégrité territoriale et promouvoir la paix, la stabilité et le développement, à lui accorder des aides en fonction de ses besoins réels et dans la mesure de nos possibilités, et à renforcer la coopération sino-afghane dans les domaines de l'exploitation de ressources, de la construction d'infrastructures, de l'énergie et de la formation.
Sur la deuxième question, la Chine estime que les parties concernées doivent adopter une attitude responsable, honorer effectivement leurs engagements, continuer de fournir des aides au gouvernement et au peuple afghans dans le respect de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Afghanistan, et travailler au renforcement de l'autonomie et de la capacité de développement de ce pays pour préparer la transition vers une administration totale de l'Afghanistan par les Afghans. Nous espérons que le retrait des forces se fera de façon progressive et sans à-coups et que les parties concernées continueront d'assumer leurs responsabilités en matière de maintien de la paix et de la stabilité dans le pays durant le processus de transfert de la sécurité aux forces de sécurité afghanes.
Q : Le Sommet de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) s'ouvre aujourd'hui à Beijing. Certains médias occidentaux qualifient l'Organisation d' « OTAN orientale ». Qu'est-ce que vous en pensez ?
R : Si l'OCS fait preuve d'une grande vitalité dans le contexte actuel, c'est parce qu'elle s'est frayé une nouvelle voie de coopération régionale, a suivi le courant de l'époque que sont la paix et le développement, a répondu aux aspirations communes des peuples de ses pays membres à la paix, au développement et à la coopération, et a lancé l'«Esprit de Shanghai », esprit caractérisé par « la confiance réciproque, le bénéfice mutuel, l'égalité, les consultations, le respect de la diversité des civilisations et la recherche du développement partagé ».
L'OCS s'en tient à l'idée de « mettre la coopération au service de la paix, du développement et du règlement des litiges » et à l'objectif de nouer des partenariats, et non des alliances. La Charte de l'Organisation de Coopération de Shanghai stipule que l'OCS applique une politique de non-alignement et de non-confrontation, qu'elle ne vise aucun pays ni aucune organisation et qu'elle est ouverte à l'extérieur. Il n'est donc nullement possible qu'elle devienne un groupe politico-militaire.
Q : L'Afghanistan deviendra observateur de l'OCS. Quel est le rôle que l'Organisation a joué dans le règlement du problème afghan ? Quelles sont les mesures qu'elle prendra dans le futur ?
R : L'Afghanistan est un pays important de la région et un voisin des pays membres de l'OCS. L'évolution de la situation en Afghanistan est une grande importance pour la sécurité et la stabilité de toute l'Asie centrale. L'OCS qui possède des expériences et des compétences en matière de lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et la criminalité transfrontalière de même que de développement économique, entend renforcer sa coopération avec l'Afghanistan, qui se montre aussi très favorable à cet égard.
Depuis 2009, l'OCS a tenu une conférence internationale spéciale et cinq consultations au niveau de vice-ministre sur le dossier afghan pour élaborer des projets de coopération détaillés à ce sujet. Le fait que l'Afghanistan devient pays observateur de l'OCS permettra aux deux parties d'accélérer leur coopération sécuritaire, économique et sociale. L'OCS soutient les efforts de l'Afghanistan pour construire un pays indépendant, pacifique, prospère, sans terrorisme ni drogue, et entend jouer un rôle plus important dans son processus de paix et de reconstruction.

Q : Récemment, en réaction à l'opposition exprimée par un responsable du Ministère chinois de la Protection de l'Environnement à la publication par des ambassades et consulats étrangers en Chine de données sur la qualité de l'air de villes chinoises, le porte-parole du Département d'Etat américain a déclaré que cette pratique n'allait pas à l'encontre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et de la Convention de Vienne sur les relations consulaires. Quels sont vos commentaires à ce sujet ? Par ailleurs, la partie américaine a fait savoir qu'elle ne s'opposerait pas à la publication de données sur la qualité de l'air de villes américaines par l'Ambassade et les Consulats de Chine aux Etats-Unis. Est-ce que la Chine envisage de le faire ?
R : Les ambassades et les consulats étrangers en Chine ne sont pas qualifiés juridiquement pour contrôler l'environnement et publier des données s'y rapportant, et d'ailleurs, ils ne possèdent pas de compétences ni de moyens professionnels pour le faire. Mener de sa propre initiative de telles opérations en Chine est une façon d'agir irresponsable qui viole la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, la Convention de Vienne sur les relations consulaires ainsi que les lois et règlements chinois. Par conséquent, nous espérons que les ambassades et les consulats des pays concernés en Chine pourront respecter les principes du droit international universellement reconnus, observer les lois et règlements chinois et cesser leurs actes irresponsables.
Sur la deuxième question, cela ne nous intéresse pas.
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